Howard Haskin
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Projet « Mélodies perdues, compositeurs oubliés »

A l'instar de notre projet sur des œuvres de Dominick Argento (« Shadow and Substance », disque paru chez Deux-Elles), je suis très heureux d'avoir entamé une nouvelle collaboration tout à fait inédite avec mon grand ami et collègue de longue date, le pianiste David Triestram. Il s'agit de faire découvrir des mélodies de compositeurs français méconnus de nos jours. Il se trouve que l'une de mes élèves, Marie-Laure Moriset, également musicologue amateur à ses heures, avait déjà commencé de telles recherches à la Bibliothèque Nationale, ayant déniché un grand nombre de mélodies d'une vingtaine de compositeurs de la fin 19ème et le début du 20ème siècle. Ensemble, David et moi avons pris six mois de plaisir à étudier toutes ces œuvres afin de pouvoir proposer une sélection restreinte mais diverse et cohérente de mélodies de quatre compositeurs : Marc Delmas, Paul Lacombe, Henri Lutz et Paul Puget.

Je vous invite à parcourir les biographies de ces compositeurs ci-dessous (avec nos remerciements à Marie-Laure Moriset). Vous pouvez également écouter des extraits de certaines de ces mélodies.

Marc Delmas (1885-1931)

Marc Delmas est né à Saint-Quentin, dans l'Aisne, en 1885. Il entre au Conservatoire national de musique de Paris à l'âge de 16 ans, tout en poursuivant des études littéraires.

Dès 1909, il obtient de nombreux prix avant de remporter, en 1919, le Premier Grand Prix de Rome avec la cantate Le poète et la fée, puis en 1921 le prix Crescent avec le drame lyrique Iriam. Delmas est vu à l'époque comme un « jeune et brillant compositeur » qui écrit beaucoup pour le théâtre. Son opéra Camille est présenté à l'Opéra-Comique de Paris, en 1921. Au Théâtre des Arènes de Béziers sont joués Penthésilée en 1922 et Le Dieu sans couronne en 1923. L'opéra Cyrca pour lequel il remporte en 1925, le Grand Prix de la musique de la Ville de Paris est joué, en 1927, à l'Opéra de Paris. Son œuvre féconde et d'une grande richesse comprend musique de chambre, musique symphonique, pièces instrumentales et chorales, une messe de requiem ainsi qu'une centaine de mélodies sur des textes d'Albert Samain, Henri de Reignier, Théophile Gautier, et Marcelline Desbordes-Valmore. Au début du 20ème siècle, Marc Delmas est aussi un musicologue et critique reconnu par le monde musical. On lui doit des études sur Gounod, Massenet et Bizet, ainsi qu'un ouvrage remarquable sur Gustave Charpentier.

Nommé chevalier de la Légion d'honneur (en 1925) et chevalier de l'Ordre du roi Albert de Belgique, Delmas décède brutalement en 1931, en plein épanouissement de son talent. Il avait 46 ans.

Extraits

  • ConfinsHoward Haskin, ténor ; David Triestram, piano
  • La MusiqueHoward Haskin, ténor ; David Triestram, piano

Paul Lacombe (1837-1927)

Natif de Carcassonne, Paul Lacombe manifeste très tôt des aptitudes pour la musique. Il étudie le piano, l'harmonie, le contrepoint et la fugue. En 1886, admirateur de l'opéra Les pêcheurs de perles, Lacombe demande, par écrit, à Georges Bizet des conseils et des cours de composition. S'ensuit, entre les deux hommes, une longue correspondance, qui se transformera en amitié.

La production de Paul Lacombe est d'une grande diversité : des œuvres pour orchestre dont trois symphonies, de la musique de chambre (des trios, un quatuor, des sonates), de nombreuses pièces pour piano ainsi que des mélodies d'une grande sensibilité littéraire.

A l'avant-garde du mouvement symphoniste français, il fonde avec d'autres compositeurs la Société Nationale de Musique, et se lie d'amitié avec Gounod, Fauré, Chabrier, Franck et Saint-Saëns. Ses compositions appréciées pour leur élégance, leur pureté et leur richesse d'invention sont jouées à Paris salle Pleyel et au Théâtre du Châtelet. Elles sont aussi applaudies en province et dans plusieurs pays d'Europe, notamment en Allemagne où sa musique de chambre est renommée.

Très attaché à son Languedoc natal, Paul Lacombe refuse de s'établir à Paris et après la création de sa troisième symphonie en 1887, il décide de reprendre la direction de la manufacture de draps de son père, située dans la Montagne Noire.

Promu chevalier de la légion d'honneur en 1902 et élu à l'Académie des beaux-arts en 1903, Paul Lacombe décède en 1927 à Carcassonne peu avant son 90ème anniversaire. Quoiqu'en juillet 1929 un monument soit édifié en sa mémoire dans sa ville natale, son oeuvre tombe injustement dans l'oubli. Il faut attendre 1984 pour que la ville de Carcassonne lui rende hommage, au travers d'une exposition à la bibliothèque municipale et un concert dans la cour de l'hôtel de ville.

Une biographie de Martial Andrieu : Paul Lacombe, le testament musical d'un grand symphoniste français, (Musique et patrimoine, Mars 2013) permet au public de redécouvrir ce talentueux compositeur et en juillet 2015, le festival de Radio France/ Montpellier-Roussillon inscrit à son programme La sonate opus 100 pour violoncelle et piano, qui sera aussi diffusée à Radio France.

Extraits

  • Elle dortHoward Haskin, ténor ; David Triestram, piano
  • Roses ardentesHoward Haskin, ténor ; David Triestram, piano

Henri Lutz (1864-1919)

Né à Biarritz en 1864, Henri Lutz obtient le Deuxième Grand Prix de Rome en 1890 avec la cantate Cléopâtre. Initialement désigné pour le Premier Grand Prix, il ne lui fut pas décerné malgré les propos de Saint-Saëns qui lui aurait dit : « Vous étiez l'élu du jour ».

L'œuvre de Henri Lutz est très variée. Musique de scène (Inès de las Sierras, Rolande, La Bonne étoile et Vlasta, œuvre composée pour la soprano Félia Litvinne), œuvres symphoniques (Lumen, Emeraude, L'Île engloutie), pièces pour chœur et orchestre (Le cœur de Hialmar, Stella, Les Voix de la mer), de la musique de chambre, et de nombreuses mélodies pour voix et piano sur des poèmes de Sully Prudhomme, Albert Samain et Louis Ratisbonne.

De son vivant, Henri Lutz est régulièrement joué à Paris, aux concerts Colonne et aux concerts Lamoureux.

Mais il est surtout un compositeur célébré à Biarritz, ville devenue, à la fin du 19ème siècle, une station balnéaire réputée, qui accueille princes et rois d'Europe. Henri Lutz joue ses œuvres dans les salles de concert de la ville et au magnifique Palais Sacchino, résidence de la reine Nathalie de Serbie.

En 1902, est donné à Biarritz un festival de ses œuvres.

En 1910, Henri Lutz quitte sa ville natale pour rejoindre Paris et occuper le poste de directeur des études musicales de l'Ecole Niedermeyer. Il tombe alors rapidement dans l'oubli et décède en 1919, à l'âge de 55 ans.

Extraits

  • ChansonHoward Haskin, ténor ; David Triestram, piano
  • PluieHoward Haskin, ténor ; David Triestram, piano

Paul Puget (1848-1917)

Natif de Nantes, Paul Puget obtient en 1873, à l'âge de 24 ans, le Premier Grand Prix de Rome avec sa cantate Mazeppa. Son père, Jules Puget était un ténor renommé, de l'opéra de Paris et de l'Opéra Comique, qui fut aussi professeur de chant de la grande diva Emma Calvé.

Les œuvres de Paul Puget, essentiellement vocales, connaissent un grand succès dans le Paris de la Belle Epoque. Il est alors surtout connu pour ses opéras édités entre 1886 et 1899 : Le signal, Ulysse et les sirènes, Beaucoup de bruit pour rien, Les jardins d'Armide et pour ses nombreuses mélodies pour chant et piano dont deux délicats cycles écrits sur des poèmes d'Armand Silvestre, Litanies de la beauté et Amour d'Hiver. Sa composition, en 1896, de la musique de scène de Lorenzaccio d'Alfred de Musset, créé par Sarah Bernhardt au théâtre de la Renaissance, est aussi remarquée.

Paul Puget est nommé chef des chœurs de l'opéra de Paris en 1900. Nommé Chevalier de la Légion d'honneur en 1903, il meurt à Paris en 1917, à l'âge de 69 ans. En 1924, six années après sa disparition, un festival lui est consacré salle Gaveau, avec un programme entièrement dédié à ses œuvres.

Extraits

  • Litanies de la Beauté - Prélude et n° 1Howard Haskin, ténor ; David Triestram, piano
  • Litanies de la Beauté n° 8Howard Haskin, ténor ; David Triestram, piano


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Howard Haskin interprète Jason dans Médée au festival de Buxton.


David Triestram au piano pendant l'enregistrement des cycles de mélodies de Dominick Argento pour Deux-Elles (St. Paul's School, Londres).




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